Présentation maîtrise du risque

Présentation maîtrise du risque

La commune du Cellier met en place une politique de gestion du risque.
Guy Robin, élu référent de cette thématique, présente la démarche.

Depuis plusieurs années, les habitants du Cellier manifestent leur intérêt sur les risques, directs et indirects, éventuellement présents sur leur commune, entre autres du fait du développement des activités industrielles et agricoles.

La « maîtrise du Risque » tente donc de répondre à cette attente.

Le terme de « risque » implique deux principales grandes propriétés : le « hasard » - les conséquences graduées, allant de la cote « désagréable » (voire même « insignifiant ») à celle de « catastrophique » Tout ce qui existe connaît, par définition, deux situations : - inéluctablement de ne plus exister - ou éventuellement (en attendant) de continuer à exister encore quelque temps, mais avec des propriétés différentes (meilleures ou diminuées).

Nous retrouvons, dans la première situation, une loi fondamentale, que les philosophes chinois ne sont pas les seuls à avoir découvert.

La seconde nous montre que le risque n’apparaît pas toujours si effrayant que ne le laisse croire son image populaire la plus courante. Avis personnel : Heureusement que certains d’entre nous prennent des risques pour ceux qui n’en prennent pas. Nous vivons donc en permanence sous la menace de dangers divers.

Tout le monde reconnaît que le risque « zéro » n’existe pas, mais combien d’entre nous adaptent leur comportement à cette maxime. Cette prise de conscience n’a pas pour but de nous stresser, mais au contraire de nous rassurer et de nous permettre de vivre dans une paix relative, voire stimulante.

Comment ?

Revenons sur les propriétés d’un risque : - le hasard est-il vraiment un hasard ? Honnêtement, combien de désastres sont dus plutôt à la négligence, au manque de bon sens, à l’envahissement de notre rationalité par une appréciation inexacte sous l’emprise d’une émotivité incontrôlée, ou tout simplement par méconnaissance soit des techniques, soit des méthodes, voire éventuellement à la cupidité ...

Avons-nous toujours su examiner tous les « facteurs de risques » (c’est-à-dire tout ce qui peut contribuer à la survenue d’un évènement néfaste), tous les « scénarios » plausibles… - une conséquence « grave » est-elle inéluctable ? Raisonnablement, nous sommes nous toujours donné les moyens d’exercer nos choix. La conséquence observée ne naît elle pas tout simplement, la plupart du temps, d’une résultante « logique » de ce qui précède. Certes, nous ne pouvons pas toujours tout « maîtriser », mais, avant d’en arriver à l’abandon devant le sort, nous sommes nous toujours dignement « battus » … En conclusion, puisque les risques existent de toute façon, autant savoir « en prendre » que « d’en courir » et se laisser « surprendre ». Il en restera toujours assez pour ravir les déterministes convaincus. En revanche, méfions nous aussi de ceux qui nous disent « prendre des risques calculés » sans fournir les formules de calcul (la manière de le dire révèle parfois une façon d’en imposer, par crainte, pour le contestataire, d’une contradiction ridicule). Ce n’est plus de la logique mais du « Poker ». Discours facile direz-vous, et même pire, car il pourrait donner mauvaise conscience tant il est évident ! Avis personnel : Eh bien non, il n’y a aucun argument justifiant d’avoir mauvaise conscience, pour la bonne raison que, généralement, ces évidences nous sont inconsciemment dissimulées, probablement par notre cerveau primitif. L’image bien connue de l’autruche ne représente pas un comportement exceptionnel dans la nature et peut s’expliquer par la gestion du risque d’effroi (c’est au moins cela de gagné !). Quelle pouvait être la panoplie de choix de nos ancêtres face aux évènements naturels, aux prédateurs, etc. …

Aujourd’hui, nous disposons fort heureusement de nombreux moyens de défense face au danger, encore faut-il les connaître et savoir les appliquer avec notre cerveau rationnel.
Ces moyens sont de trois ordres :

  • culturels : diffuser la connaissance des facteurs de risques et donc susciter l’acceptation du bien fondé des deux suivants.
  • organisationnels : diffuser la connaissance des méthodes d’analyse des risques et d’élaboration de plans d’actions correctives, tout en vulgarisant l’idée qu’une méthode (ou tout autre moyen) ne rend intelligent que celui qui sait l’adapter. Corollaire : ceci ne justifie pas que les ignares dévaluent la notion de « méthode » sous prétexte de s’affranchir de leur incapacité à en pratiquer une.
  • techniques : diffuser la connaissance des portées réelles et des limites des outils techniques (apprenons à prendre du recul par rapport aux « vendeurs » de moyens - ou d’idées - qui n’auraient pas eux-mêmes le recul suffisant pour comprendre ce qu’ils proposent).

Un mot sur « l’assurance », qui n’est souvent qu’une démission face au risque, parfois inévitable, mais dont la facilité peut aussi aveugler celui qui « courre » le risque. L’assurance ne remplace pas tout, ce n’est qu’un pis-aller, même s’il se révèle quelquefois bien utile. L’assureur n’est pas toujours un professionnel de l’analyse du risque, mais plus souvent un professionnel de l’analyse du rapport dont il peut tirer profit de la vulnérabilité de son client. Son objectif est un objectif commercial plus que technique.
Avis personnel : Trois recommandations fondamentales :

  • L’analyse d’un risque ne repose pas sur l’imagination de « scénarios moyens » mais sur celle des scénarios les plus raisonnablement catastrophiques (si, par exemple, vous examinez le risque d’incendie de votre domicile, il n’y a aucune raison d’imaginer qu’une seule moitié disparaîtra sous les flammes ; ou alors laquelle ?).
  • La maîtrise d’un risque, n’est pas la « maîtrise du Risque ». Cette dernière ne peut résulter que d’une approche systémique prenant en considération l’ensemble des risques. On constate en effet très souvent qu’en « bouchant un trou » quelque part on en creuse un autre à côté (l’histoire nous appris la haute qualité de réflexion du concepteur de la ligne Maginot, dont je ne me targuerais pas d’être un descendant).
  • La maîtrise du Risque, dans une variante de la précédente recommandation, suppose une recherche de cohérence raisonnable : le but n’est pas de ne pas courir de risques mais de s’en protéger de façon homogène, de ne pas avoir de point plus faible que les autres, sinon il est évident que le sinistre s’engouffrera dans ce point faible.

C’est pour cela que nous avons voulu rassembler sur notre site WEB, dans une même banque de données, les informations relatives aux risques, qu’on trouve ailleurs parfois éparpillées par thème, sans relation entre elles. Par ailleurs, n’ayant pas la prétention de la science infuse, le débat reste ouvert, pour le meilleur de notre devenir, au travers des outils de dialogues à votre disposition dans ce site WEB. C’est pour cela que nous avons voulu un site vivant et interactif où nous puissions bénéficier des apports de chacun.
Rien en ce domaine n’est plus réducteur, et souvent inutile, qu’un système de décision fonctionnant « par décret » de façon arbitraire et impromptue.

Guy Robin

Creasit, création site internet Nantes 44